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Dom
Garcia,
reporter dans un Paris aux zones de couleurs
Si vous demandez à Dom Garcia de parler références,
il évoquera spontanément SOS
Météores, les cartes postales
colorisées des autoroutes et des grandes surfaces
commerciales des années 60-70 aux USA,
vides de voitures mais pleines d’architectures ordonnées,
et puis, pourquoi pas, Bustamante, les couvertures de
Brantonne pour la collection
Anticipation de Fleuve Noir
et la revue Galaxie des bonnes
années de la SF…
Regarder
ces images c’est se demander quelle énergie
les unit qui éclaire ainsi sa démarche,
sa chasse, sa quête, ses prises de vues !
Mais
il faut revenir à Mortimer, à Paris, place
de l’Opéra, ou sur une Concorde reconnue
certes quoique Blake et lui soient déjà
ailleurs, venus en train sous la pluie dans une banlieue
Ouest où les résidences friquées
ne sont pas encore légion mais où le nom
des localités dérange encore notre curiosité :
Versailles rive gauche, Saint-Cyr, Jouy-en-Josas, Toussus-le-Noble,
le Buc, les Loges n’évoquent pas encore de
rutilants programmes immobiliers qu’abondent en
denrées commerciales des centres du même
nom. Elles jalonnent la démarche de Dom Garcia
qui arpente cette ligne de Sceaux désormais RER B,
le viseur fixé sur la banlieue, les gares, leurs
affiches et leur mobilier, les voyageurs et les passants,
toujours aussi insolites, éternels nomades en quête
d’un ailleurs aller-retour.
L’eau
omniprésente, la nature menaçante, les transports
hasardeux, les aléas climatiques et surtout le
désert humain, l’abandon, les friches industrielles,
la décrépitude, le mystère règnent…
mais aussi l’espace, l’aventure, voire le
progrès certes dévoyé, manipulé
par des savants internationaux fous, porteurs de nouvelles
visions d’espérance comme leurs contemporains
héros de fiction, Mortimer, Tintin, James et bien
d’autres encore à leur manière, performants,
marginaux mais experts, disciplinés quoique autonomes,
créatifs… le modèle se poursuit, mais
revenons aux photos de Garcia !
Elles
aussi mettent en lumière une vision irréelle,
conceptuelle, numérique d’une réalité
périurbaine abandonnée mais familière,
vue mais invisible dans sa dimension dynamique, spirituelle,
intelligente, cognitive.
Tout l’art de Dom Garcia consiste à lever
dans ces friches cette trappe vétuste qui donne
accès à une première salle des machines,
puis au local empli d’un ozone qui confère
à ces lieux méprisés, trop vite dépassés,
ignorés, la dimension exemplaire d’une réalité
venue d’ailleurs.
Une
lumière intérieure habite ceux qui, isolés
et souvent solitaires, vivent ici leurs fantasmes au pied
de néons fous, signatures commerciales sans boutiques
ni racines. De ce halo périphérique qui
domine villes et routes et cache les étoiles, émerge
un récit, une fiction symbolique inconsciente.
Tel le soleil elle brille pour tous, nuit et jour, aujourd’hui
et nous l’espérons demain !
Remercions
Dom Garcia de la fixer pour mieux nous la montrer.
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