Dom Garcia s’inscrit dans une modernité qui
relie ses oeuvres à la tradition picturale des
paysagistes hollandais, images d’une situation,
d’un moment presque intime pris sur le vif, traduction
intuitive d’un cri et d’un maintenant…
…une
vision novatrice d’un paysage désormais ouvert,
élargi, re-territorialisé, constat sans
émotion ni complaisance d’une catastrophe
urbaine qu’il révèle sans fard : décharges,
terrains vagues, banlieues décrépies ou
abandonnées, friches industrielles…
L’unité
perceptive est préférée à
l’unité conceptuelle, tout concourt à
réduire l’écart entre la perception,
l’instantanéité de la sensation et
la production de l’image, négation du paysage
devenu leurre, mise en vision pour le seul spectateur
d’un décor fantastique, hors d’atteinte,
présent objectivement mais aussi subjectivement
comme le spectateur l’est intuitivement à
lui-même.
Cette
mise en rapport par Dom Garcia du réel et du corps
vivant du spectateur confère au contenu de ces
images urbaines, pourtant souvent si familières,
une dimension abstraite renforcée par le travail
subtil de l’artiste, ordonnateur visionnaire des
données numériques de la couleur et de la
lumière.
Son
attirance profonde pour les frontières où
se confrontent murals et petits jardins, enseignes, mobilier
ludique de square, espaces ferroviaires et ciels infinis,
confère à sa démarche rigueur et
mystère. Dom Garcia, après Baltz, Basilico,
Bustamante, nous rapporte des instantanés
pris lors de sa mission d’explorateur. Traducteur
impavide des hiéroglyphes urbains contemporains,
il inventorie pour l’éternité des
signes aux contenus et graphes identiques sur toute la
planète.